Comprendre les tolérances des pièces plastiques
Les tolérances appliquées aux pièces plastiques injectées expliquées et détaillées dans ce guide pratique à destination des ingénieurs en mécanique.
La compréhension des tolérances générales des pièces plastiques n’est pas toujours comprises par les mécaniciens habitués à l’usinage CNC ou à la tolerie.
Certains plasturgistes français utilisent également une norme francaise (NFT58000), obsolète depuis presque 20 ans ! la norme DIN ISO 20547 datant de 2021 est beaucoup plus adaptées aux matières techniques !
Les matières thermoplastiques injectées, sont d’abord chauffées, puis injectées sous pression dans une empreinte de moule. Entre la phase plastique (matière molle) et la phase solide, la matière subit un retrait lors du refroidissement. Lors de la conception du moule, et de sa fabrication, le retrait est pris en compte. (Globalement, on fait une empreinte plus grande que la pièce..pour que l’on atteigne la bonne dimension lors du refroidissement..simple non ?
sauf que ….
Le retrait étant exprimé en % de la longueur, on comprend tout de suite que la tolérance sera également proportionnelle à la longueur du produit…(tout comme c’est le cas pour une tolérance géométrique en mécanique, qui est proportionnelle à la dimension)….ceci étant dit, on a déja plié le concept de tolérance générale à ± 0.2 !
Le premier point à relever, est que la norme ISO20457 n’est pas figée comme la précédente sur les résines existantes puisqu’elle prends en compte des critères intrinsèques aux matériaux et aux types de transformation pouvant être utilisés.
Vous êtes prets ? On entre dans le vif du sujet :
La grille de tolérance (TG) a utiliser, sera fonction de 5 critères matériaux / process et produit combinés !
TG = 1 + 1 + 1 + 1 + 0 = TG4

La norme ISO20457, tout comme son ancètre NFT58000, font également la distinction entre les cotes faisant entrer ou non le plan de joint dans la chaine de cotes.
En injection plastique, les tolérances standards s'établissent typiquement entre ±0,1 mm et ±0,3 mm selon la cote et le polymère. Pour les pièces de précision, on peut atteindre ±0,05 mm avec un moule optimisé et un process maîtrisé. Les pièces très chargées en fibres restent plus stables dimensionnellement que les non chargées.
La norme de référence est ISO 20457 (anciennement DIN 16742) qui définit les tolérances dimensionnelles pour les pièces moulées en matière plastique. Elle propose deux niveaux : tolérances générales et tolérances tributaires de l'outillage. NFT 58000 est également utilisée en France pour les pièces standard en plasturgie.
Les pièces plastiques subissent un retrait important au refroidissement (0,5 à 2,5% selon le polymère), avec des variations selon la direction des fibres, l'épaisseur locale et l'orientation moléculaire. Ce retrait n'est pas uniforme, contrairement à l'usinage métallique précis. Les tolérances larges absorbent cette variabilité inhérente au procédé.
Les facteurs principaux sont le type de polymère, son taux de retrait, l'épaisseur de paroi, la qualité du moule, la stabilité du process (température moule, pressions), l'humidité du polymère, le nombre d'empreintes, le post-retrait après éjection, et l'environnement de mesure. La répétabilité dépend du contrôle de tous ces paramètres.
Le plan doit indiquer la norme appliquée (ISO 20457), les tolérances générales par classe, les tolérances spécifiques sur les cotes critiques, les surfaces fonctionnelles, les états de surface, et les éventuelles tolérances géométriques GD&T. Distinguer cotes fonctionnelles de cotes informatives évite des coûts inutiles de validation et contrôle.
Les classes IT (International Tolerance) graduent la précision dimensionnelle, de IT11 (large) à IT16 (très large) en injection plastique courante. IT13-IT14 est la zone typique de l'injection standard. Les classes IT plus serrées (IT11-IT12) nécessitent un moule à haute précision et un process très stable et maîtrisé.