Ce qu'il faut retenir :
Le moule d’injection représente l’investissement principal du projet
Dans un projet d’injection plastique, le moule constitue l’élément le plus coûteux. Son prix dépend de nombreux facteurs : complexité de la pièce, nombre d’empreintes, type de canaux (chauds ou froids), mécanismes spécifiques (tiroirs, dévissage, cales montantes) et durée de vie attendue.
Un moule bien conçu garantit :
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une qualité constante des pièces,
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une réduction des rebuts,
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une stabilité dimensionnelle,
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une productivité élevée sur la durée.
À l’inverse, un moule sous-dimensionné ou mal adapté peut entraîner des défauts récurrents, des arrêts de production et des coûts de maintenance importants. Le choix du moule doit donc être pensé comme un investissement industriel à long terme, et non comme un simple coût initial.
La conception de la pièce conditionne la qualité, le coût et le temps de cycle
La conception de la pièce plastique est un levier déterminant dans la réussite d’un projet d’injection. Une pièce bien conçue permet d’optimiser l’écoulement de la matière, le refroidissement et le démoulage, tout en réduisant les contraintes internes.
Une conception optimisée (DFM – Design for Manufacturability) permet :
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de réduire le temps de cycle, notamment grâce à un refroidissement homogène,
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de limiter les défauts (retassures, voilage, lignes de soudure),
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de simplifier le moule, donc d’en réduire le coût,
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d’améliorer la durée de vie du moule.
À l’inverse, des erreurs de conception (épaisseurs variables, absence de dépouille, contre-dépouilles inutiles) entraînent une augmentation du coût du moule, des cycles plus longs et une qualité plus difficile à maîtriser.
Le choix du matériau et du type de moule est stratégique
Le choix du matériau plastique influe directement sur les performances mécaniques, thermiques et esthétiques de la pièce, mais aussi sur les paramètres de production. Chaque matière possède ses propres contraintes : température de transformation, retrait, viscosité, temps de refroidissement et recyclabilité.
De même, le type de moule (prototype, mono-empreinte, multi-empreintes, canaux chauds ou froids) doit être sélectionné en fonction :
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du volume de production,
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des exigences qualité,
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du budget,
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des délais,
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et de la durée de vie attendue.
Un mauvais choix matière ou un moule inadapté peut entraîner des coûts de production excessifs, des défauts qualité ou une limitation de la montée en cadence. À l’inverse, une sélection cohérente permet d’atteindre un équilibre optimal entre coût, performance et productivité, tout en sécurisant le projet industriel.
Règles de conception pour l’injection plastique (DFM)
La conception de pièces injectées peut sembler simple, mais de nombreux défauts (retassures, voilage, difficultés de démoulage) proviennent d’un design non adapté au procédé.
Une approche Design For Manufacturability (DFM) permet d’optimiser la qualité, le coût et la cadence de production
Les angles de dépouille
Les angles de dépouille facilitent l’éjection de la pièce et augmentent la durée de vie du moule.
Bonnes pratiques :
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Minimum 1° par 25 mm de profondeur
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2° recommandés dans la majorité des cas
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≥ 5° pour zones de fermeture (shut-off)
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Augmenter la dépouille en cas de texture ou grain
❌ Absence de dépouille = risque d’arrachement, usure prématurée et défauts cosmétiques.

Épaisseurs de paroi
Des parois uniformes garantissent une meilleure résistance mécanique et un refroidissement homogène.
Règles clés :
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Éviter les variations brusques d’épaisseur
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Les zones minces doivent représenter 40 à 60 % des zones adjacentes
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Privilégier des transitions progressives (pentes internes)
⚠️ Les différences d’épaisseur entraînent retassures, voilage et tensions internes.

Nervures de renfort
Les nervures permettent de rigidifier une pièce sans augmenter l’épaisseur globale.
Recommandations :
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Épaisseur nervure = 50 à 70 % de l’épaisseur de paroi
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Ajouter un rayon à la base
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Prévoir une dépouille sur les nervures


